Avant toute chose :
Vous êtes tranquillement installé à la terrasse ensoleillée d’un café et, soudainement, vous les entendez arriver.
Ils approchent. Sur un rythme métronomique. Inexorablement. S’il faut dès à présent préciser qu’ils marchent par paire
(1),
qu’en est-il lorsqu’ils se déplacent en troupeau ? Ils poursuivent de la même façon leur chemin vers les points qu’ils
affectionnent : coiffeurs, grands magasins et boutiques fashion.
Cette présentation serait-elle trop réductrice ? On peut en effet s’interroger si les
talons ne cherchent tout simplement
pas à nous prouver qu’ils existent. Tac-tac-tac-tac-tac, font-ils Ou, Tac-tac-tac-Ro-toc-ta-toc, pour les
talons les plus
éprouvés. Mais la réalité est là : semblable à la charge d’un troupeau de bisons dans les prairies de l’ouest Américain,
de jour comme de nuit, ils envahissent notre espace sonore. Ce sont les
TALONS TONITRUANTS !
(1) Excepté pour les culs-de-jatte. Mais les jambes en bois sont-elles moins bruyantes pour autant ? Dans ses mémoires,
" Délires et des voiles", publiées à compte d’auteur en 1789, le célèbre flibustier EDUARDO BIBERON DE LA VACA l’explique.
Il narre comment le boucan lié au déplacement des culs-de-jatte sur le pont des navires pouvait rendre hystérique les autres passagers.
Coutume joyeuse et rafraîchissante, les importuns étaient généralement jetés par-dessus bord. Ce qui rendait les requins doublement heureux,
ces derniers raffolant de chair fraîche et récupérant les jambes en bois pour en faire des cure-dents.
Une connaissance accrue :
S’il existait déjà plusieurs bureaux spécialisés, c’est avec la création du CNB, le Centre National de Bruitologie
(2),
en septembre 2004, que l’état décide de s’attaquer à cette nuisance sonore honteusement passée sous silence. Ce qui est un
comble quant on pense au tintouin généré ! Sa mission : déterminer les différentes espèces rencontrées et observer leurs
transhumances. C’est ainsi, qu’en mars 2007, une première étude a permis de mettre en évidence quelques vérités vraies :
- Les
talons des escarpins qui arpentent la rue de Rivoli (située à Paris, pour les profanes),
généreraient davantage de décibels que le dernier concert de METALICA au Parc des Princes (mesure
réalisée auprès de 10 000 paires de
talons, entre les stations de métro Chatelet et Hotel de Ville.
Titre utilisé pour le test " Creeping Death ").
- Si l’on peut incriminer les
talons des bottes (avec ou sans franges), les mini boots ne sont pas en reste
et peuvent provoquer de véritables ravages au niveau des tympans des nourrissons dont les landaus stationnent
sur les trottoirs !
(3)
(2) Institué par l’article 27 de la Loi 2004-210 du 12/09/2004, publiée au Journal
Officiel du 21/09/2004 en vente dans tous les drugstores, pharmacies et chez votre poissonnier,
qui peut ainsi vous envelopper vos mérous dedans (le Journal Officiel, pas l’article) ! On joint ainsi
l’utile (la connaissance) à l’agréable (une bonne fricassé de mérous) ! Pourquoi s’en priver ?
(3) L’étude n’évoque pas la race canine mais on suppute déjà que les pertes de poils de
certains chiens, notamment les bichons, seraient provoquées par une trop forte exposition aux bruyants talons
"de leurs mémères"
Qui sont les responsables ?
Si on peut constater que les fabricants de
talons s’évertuent à les rendre toujours plus bruyants,
il ne faut pas exclure la complicité de certaines entreprises de voirie en charge de la rénovation
des trottoirs. Des exemples concrets ?
- Pourquoi continuer à paver certaines rues piétonnes si ce n’est pour titiller les instincts pervers des
talons ?
- N’y a-t-il rien de plus horripilant que ces graviers laissés à l’abandon sur la chaussée ?
C’est bien simple, ces maudits gravillons accentuent les effets sonores au point de transformer les
vocalises anxiogènes de Céline Dion en un havre de paix digne du monde du silence !
Ce qu’il faut retenir :
- Le talon est un cabot, il adore se faire remarquer.
- On le trouve principalement aux abords des grands magasins (de vêtements et de chaussures).
- La plage de sable fin est l’endroit idéal oÙ il ne peut pas la ramener !